Tout va pour le mieux pour Facebook après son entrée en bourse vendredi. Tout ? Pas exactement. Le réseau social de Mark Zuckerberg est l’objet d’une class action, une plainte collective, et risque jusqu’à 15 milliards de dollars d’amende. Le même jour que son entrée dans le monde impitoyable de la bourse, le tribunal de San José a donné son feu vert pour un regroupement de 21 procédures en cours concernant la protection de la vie privée.
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Google : le brevet qui vous suivra à la trace
On n’arrête pas le progrès, Google vient d’obtenir l’aval de l’office de régulation des brevets américains pour l’exploitation d’un brevet sur la publicité ciblée.
Si jusque là rien ne semble bien nouveau, Google tirant la majorité de ses bénéfices de la publicité en ligne, c’est bel et bien la façon dont sont « ciblées » les publicités qui demande réflexion.
En effet, il s’agirait d’un système à base de capteurs environnementaux tels que des thermomètres (pour la température donc) ou encore des microphones (pour le bruit ambiant, pas pour l’écoute téléphonique voyons !).

« chérie on a racheté des Kellogs special’K ? »
Le dispositif serait ainsi à même de vous fournir des résultats de recherche ciblés en fonction de l’endroit où vous vous trouvez. Mais au lieu de se borner à utiliser les coordonnées GPS, il se fiera aux bruits ambiants et aux conditions météorologiques.
Qu’en pensez-vous ? bonne idée ou étape supplémentaire d’intrusion dans la vie privée ?
Un emploi contre vos identifiants Facebook
Les employés et personnes en recherche d’emploi aux Etats-Unis se retrouvent confrontés à une difficulté supplémentaire sur le marché de l’emploi, certains employeurs n’hésitent désormais plus à demander aux candidats de leur remettre leurs identifiants Facebook afin qu’ils puissent mener quelques « investigations ».
Facebook ou Facepalm ?
Vous avez bien lu. Si depuis l’explosion du phénomène Facebook il est (malheureusement diront certains) admis que certains employeurs un peu curieux s’intéressent à l’e-reputation des candidats, aux Etats-Unis les choses semblent prendre une tournure autrement plus polémique.
Un article du Herald Business relate les déboires d’un officier de police de retour de deuil qui s’est vu demandé ses identifiants Facebook afin que son employeur puisse vérifier qu’il n’avait aucun lien avec des gangs ou des activités illicites.

« c’est bon vous êtes clea… mais qu’est ce que ?! »
Circulez y’a rien à voir, j’ai déjà tout vu
Dans un climat économique instable pour un bon nombre d’employés outre-atlantique (mais également en France) et dans un système ou la sécurité de l’emploi est toute relative, Robert Collins (rien à voir avec le dictionnaire) n’avait d’autre choix que d’accéder à la requête de son supérieur :
Je n’avais pas le choix, j’ai besoin de ce travail pour subvenir aux besoins de mon foyer [...] Je comprends le besoin d’en savoir toujours un peu plus que la moyenne sur un candidat, mais c’est à mon sens une violation de la vie privée.
Cet officier du Maryland a cependant été l’élément déclencheur d’une vague de contestation dans l’état qui a ainsi conduit à la rédaction d’une nouvelle réglementation. Celle ci permet toutefois aux employeurs d’inviter les candidats à se connecter à leurs réseaux sociaux durant l’entretien sans avoir à remettre en clair leurs identifiants à qui que ce soit.
Un chantage à peine voilé
Ces pratiques sont d’ailleurs en passe de devenir monnaie courante outre-atlantique, depuis la multiplication des réseaux sociaux, et leur adoption souvent massive de la part des citoyens américains, les employeurs n’ont plus aucun scrupules à départager en amont les candidats parmi ceux qui coopèrent et les autres.
Parmi les activités gravitant autour de cette tendance nous pouvons citer : la demande pure et simple des identifiants aux réseaux sociaux, l’obligation d’ajouter en ami (dans le cas de Facebook) un des employés des ressources humaines de la société à laquelle le candidat a postulé, la visite des réseaux sociaux aux côtés du candidat.

« yes ! on l’appellera vomito à la cafet ! »
Ces comportements n’ont pas manqué de faire réagir les spécialistes des questions de vie privée dont le point de vue est sans équivoque comme en témoigne cette citation du Progesseur Orin Kerr :
C’est une violation éhontée de la vie privée [...] cela équivaut à demander à quelqu’un les clés de son logement sans autre forme de procès
L’occasion encore une fois de rappeler que l’e-reputation prend des proportions de plus en plus importantes au sein des processus de recrutement, la meilleure façon de se prémunir de ces dérives est de rester vigilant quant à ce que vous dites, postez, mettez en ligne, ou tout simplement ne pas posséder de comptes sur les réseaux sociaux.
Twitter reconnait conserver les contacts des utilisateurs pendant 18 mois
Le succès de Twitter ne le met pas à l’abri des critiques, bien au contraire, alors que la société vient de révéler qu’elle stockait les contacts des utilisateurs ayant utilisé la fonctionnalité « trouver des amis » sur les versions mobiles de son application, les voix commencent à s’élever dans un contexte où la protection des données est plus qu’à l’ordre du jour.
Les données concernées sont les renseignements des contacts des utilisateurs : Noms, adresses mail et téléphone portable. Les critiques sont fondées, car l’application de la société n’informe pas l’utilisateur que les données servant à l’utilisation de la fonctionnalité sont envoyées sur des serveurs distants et par la même stockées. Tout juste l’application fait-elle référence au fait qu’elle « analysera vos contacts afin de trouver des personnes que vous connaissez déjà sur Twitter ».
Face aux critiques, Twitter a toujours été prompt a répondre, lors de la mise à jour de sa politique de respect des lois en vigueur dans certains pays, sa communication a été explicite et sans détour, mais cette fois-ci, la réponse de la société n’arrive pas à convaincre :
Carolyn Penner, porte parole de la société affirme qu’une prochaine mise à jour permettra une appréciation claire des intentions de l’application afin d’éviter tout malentendu quant aux données utilisées, envoyées et stockées sur les serveurs de Twitter.
Nous souhaitons être clairs et transparents quant à notre communication avec nos utilisateurs, [...] en lieu et place du message « analyse de vos contacts » nous auront recours aux phrases suivantes « envoyer vos contacts » et « importer vos contacts ».
Cette information n’est pas sans rappeler une autre application, Path qui a essuyé les critiques après qu’un hacker ait découvert, lors d’une conférence dédiée à la recherche de failles, que l’application envoyait la totalité du carnet d’adresses des utilisateurs sur ses serveurs sans qu’il soit possible de savoir ce que la société en faisait. Path est une application de partage de photos qui compte actuellement plus de 2 millions d’utilisateurs. La société a depuis mis son application à jour, non sans présenter des excuses formelles à la communauté.
Twitter prévoit de mettre ses applications iOS et Android à jour sans toutefois indiquer une date, des excuses quant à elle ne semblent pas à l’ordre du jour.
ACTA : La Pologne fait machine arrière
Le gouvernement Polonais envisage de ne pas ratifier l’adoption du projet de loi très controversé de censure d’accord commercial anti-contrefaçon autrement connue sous le nom d’ACTA.
C’est par la voix du premier ministre Polonais, Donald Tusk que l’information nous parvient : le gouvernement a officiellement suspendu le processus de ratification du traité international et, puisque cette ratification se fait sur la base du volontariat, envoi un message fort aux pays déjà signataires évidemment menés par les États-Unis.
En Europe, la Pologne a été l’un des premiers pays où des signes de contestation de ce projet ont émergé, des manifestations de grande ampleur ont eu lieu dans le pays et la pression politique et publique auront eu raison du projet de loi dans le pays. Les députés polonais du parti de gauche ont également été très hostiles à la ratification du texte en arborant solidairement un masque de Guy Fawkes au parlement en guise de protestation (photo ci-contre) le 26 janvier soit deux jours avant l’annonce initiale du gouvernement de l’éventualité de non-ratification du texte.
Rappelons que sur les 27 états membres, seuls l’Allemagne, Chypre, l’Estonie, les Pays-Bas et la Slovaquie ne l’ont pas encore signé, la Pologne rejoint donc ce cercle très restreint de « trublions du nouvel ordre de la défense des droits d’auteur » imaginé par les États-Unis.
S’il s’avère vrai que l’ACTA peut constituer un danger à la liberté, nous n’allons pas soumettre cet accord à la ratification
Cette déclaration du 28 janvier retrouve donc son écho dans l’annonce faite ce jour et devrait susciter de nombreuses réactions au sein des classes politiques des pays déjà signataires de l’accord, notamment la France. Elle apporte également de l’eau au moulin des 5 autres pays précédemment cités qui refusent encore à ce jour de ratifier le texte.
Rappelons également que le rapporteur de l’ACTA au parlement européen a posé sa démission à la suite de la validation du texte en signe de protestation qualifiant l’accord de vaste « mascarade » et de « truc » mettant en péril les libertés individuelles.
Parmi les signataires internationaux (hors Europe donc) du traité figurent : L’Australie, le Canada, la Corée du Sud, les États-Unis, le Japon, le Maroc, la Nouvelle-Zélande et Singapour.



