Google ignore la CNIL et poursuit sa feuille de route

Face aux critiques et objections apportées par la CNIL, Google réagit par le biais d’une lettre et informe bien aimablement la commission nationale de l’informatique et des libertés qu’il poursuivra son plan de déploiement de la nouvelle politique de confidentialité en temps et en heure.

Des interrogations légitimes

Pour rappel, le texte en question est une simplification des conditions d’utilisation des 70 servivces de Google (Google,Youtube,Gmail,Android,Maps…). La commission a ainsi exprimée de vives inquiétudes quant à la légalité de ces mesures et s’appuie sur des exemples concrets :

Par exemple, les nouvelles règles autoriseraient Google à afficher sur YouTube des publicités liées à l’activité de l’utilisateur sur son téléphone Android (numéro de téléphone, numéros appelants, heure et durée des appels) et à sa localisation.

Google campe sur ses positions

La lettre envoyée par Google à la CNIL témoigne également de la volonté, ou devrions nous dire du refus du géant américain de revenir sur la question de la date de déploiement de cette nouvelle politique de confidentialité :

au cours des derniers mois, nous avons à plusieurs reprises proposé à la CNIL de les rencontrer afin de répondre aux questions qu’ils pouvaient avoir, et nous sommes toujours ouverts à cet échange. Nous sommes convaincus que nous avons trouvé un juste équilibre avec les recommandations du groupe Article 29 : “rationaliser et simplifier” nos politiques tout en fournissant “une information complète” aux utilisateurs. Nous avons à cœur d’offrir à nos utilisateurs une expérience optimisée avec les services de Google et de rendre nos engagements en matière de confidentialité faciles à comprendre.

En d’autres termes : Vous n’avez pas souhaité nous rencontrer pour que vous nous expliquions la portée du texte (qui sera de toute façon déployé en temps et en heure). Ainsi, c’est dans un souci de simplifier la lecture à nos utilisateurs mais en entretenant toujours un certain flou sur la portée réelle du texte que nous avons procédé à ces changements.

Rassurer les clients utilisateurs au détriment de leurs droits

Google précise également dans cette lettre ce que nous vous avions déjà rapporté ici, à savoir qu’il n’est pas en mesure de mettre en pause ses plans et ce, pour des raisons essentiellement économiques :

nous avons notifié 350 millions d’utilisateurs authentifiés, et fournit des alertes hautement visibles sur notre page d’accueil et dans les résultats de recherche à nos utilisateurs non authentifiés ». Résultat ? « Faire une pause maintenant causerait beaucoup de confusion chez les utilisateurs[...]nous avons donné plus d’un mois à nos utilisateurs pour lire et comprendre ces changements de politique de confidentialité sur lesquels nous avons fourni des informations détaillées

Nous ne manquons pas de remarquer qu’il s’agit là du discours exact avancé par Google lors des premières interrogations de la Commission européenne. Les intérêts de la société sont donc ailleurs que dans les doutes et craintes émis par une autorité nationale.

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Politique de confidentialité : la CNIL contrôle Amazon

La Commission nationale de l’informatique et des libertés a débuté sa campagne de contrôle des grandes firmes américaines du monde de l’internet à commencer par Amazon.

Devenu un acteur majeur de l’e-commerce en France, Amazon représente une entrée en matière toute désignée pour la CNIL qui s’intéressera donc à la manière dont sont gérées les données personnelles des utilisateurs et le système de paiement en un clic qui n’est pas étrangers au succès de la société américaine.

En ce qui concerne les données personnelles, la commission se penchera sur la durée de conservation de ces données, nécessaires à la procédure d’achat, mais également sur la manière dont Amazon exploite l’historique de navigation des utilisateurs qui se connectent à sa plateforme et accordera une importance particulière à ce qu’Amazon offre aux clients une information claire quant à cette fonctionnalité ainsi que la possibilité pour ces derniers de s’en extraire. La récupération des données issues des historiques de navigation se doit également de ne pas être activée par défaut pour répondre aux exigences de la CNIL.

Une fois les vérifications opérées, ce sera donc au tour d’autres géants du web de se soumettre à cet audit et Apple, Facebook, mais aussi Google seront à suivre de près, dommage que la CNIL arrive un peu tard pour certains.

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Google : Votre vie privée contre une poignée de dollars

Google vient de mettre en place un dispositif dans le but est ni plus ni moins d’enregistrer les moindres faits et gestes des internautes avec leur consentement.

Baptisé Screenwise Panel, le dispositif prend deux formes, soit un module à installer au sein de son navigateur et qui enregistra vos sites visités la façon dont vous interagissez avec ces dits sites.

Et puisque rien n’est gratuit, Google paiera les utilisateurs volontaires, enfin jugez-vous même : un code de réduction de 5$ chez Amazon à l’inscription puis 5$ par trimestres pendant un an soit un total annuel de… 25$ ! une aubaine donc pour les utilisateurs…

l’utilisateur partagera avec Google les sites qu’il visite et comment il les utilisent

Et si l’envie vous prenait d’utiliser un autre navigateur internet pour vos activités on ne peut plus personnelles, mais que l’appât du (maigre) gain vous torture, sachez que Google s’est associé avec la société de sondages et d’analyses Knowledge Networks afin de proposer aux internautes un routeur Cisco à installer chez eux qui se chargera d’analyser le moindre trafic transitant par votre connexion internet, que ce soit votre smartphone, votre pc fixe et tout autre appareil se connectant à celle-ci, espérons que les utilisateurs qui opteront pour cette option en informeront leurs visiteurs…

Le routeur enregistrera donc la moindre activité internet, y compris celles des onglets actuellement ouverts (naturellement), mais également des sessions en mode de navigation privée, navigation privée qui n’a de privée que le nom dans ce cas.

Google affirme que les données sont anonymes, mais gageons que de simples recoupements seront nécessaires afin d’identifier les utilisateurs et leurs données, les chances de réussite de ce recoupement seront d’autant plus efficaces si le nombre d’utilisateurs de ce système est faible.

Techcrunh rapporte que certains clients de Knowledge Networks se sont vus proposer -en dehors du cadre de l’accord avec google- de faire partie des 2 500 premiers foyers de l’étude, qui leur rapporterait 100$ immédiatement, puis 20$ par mois.

Orange avait déjà -dans une moindre mesure et sous une autre forme il est vrai- initié ce genre de projet avec son offre DPI qui propose aux internautes français de partager leurs habitudes de navigation en vue de se voir proposer des publicités mieux ciblées, mais tout ceci en accord avec la CNIL et des restrictions avaient été mises en place afin de garantir une « certaine » fort d’éthique : les opinions politiques et religieuses par exemple étaient laissées en dehors de l’étude.

Peu d’informations ont fuité concernant la revente ou pas des données collectées par screenwise, le système étant pour le moment réservé aux seuls foyers américains, il est fort peu probable que Google lance ce service sur notre territoire sans l’approbation (et de drastiques réglementations) de la CNIL et des autorités compétentes en la matière.

Si le service était amené à être lancé en France, seriez-vous du côté des partisans ou des détracteurs ?

screenwisepanel Google : Votre vie privée contre une poignée de dollars